Seconde Chance

LAMB - Café de la Danse 2012

« Il n’est jamais trop tard pour sonder l’inconnu, il n’est jamais trop tard pour aller au-delà » Gabriele D’Annunzio.

Je ne me souviens plus comment je suis venue à Lamb. Parce qu’en effet, on vient à eux. Je ne connais pas plus discret.

Je sais juste que le duo que formaient Lou Rhodes et Andy Barlow s’était déjà séparé. Je me souviens d’une publicité où on entendait « Gabriel » mais finalement, en y réfléchissant bien, je crois que c’est Lou Rhodes en solo qui, quelques temps après, m’a donné envie de vraiment découvrir Lamb.

Pour ceux qui ne connaissent pas, tout commence en 1996 à Manchester avec le premier LP, Lamb, où figure entre autre « Gorecki ». Puis il y aura les albums Fear of Fours (1999), What Sound (2001) et Between Darkness and Wonder (2003). Je suis littérallement passée à côté de leur drum & bass, de la voix crystalline de Lou Rhodes, des envolées de Jon Thorne, de leur musique sous influence dub et jazz. Quand j’ai pris le temps de bien écouter leurs albums (genre entre 5 à 10 ans après), je me suis expliquée cette « faute de goût » par le fait que Lamb n’avait pas trop eu de promo en France et que je n’avais pas internet a casa mia (mes possibilités de  recherches musicales étaient plus restreintes à l’époque).

Puis Lou Rhodes a commencé une carrière solo, plus folk. Il y a eu un premier album, Beloved One.
Mais ma rencontre avec cette singer songwriter c’était en 2007. Ce n’était pas encore son projet bien à elle. C’était Ma Fleur de The Cinematic Orchestra. Et coup sur coup, il y a eu Bloom, son deuxième album. Et là, j’ai été ferrée. La voix de Lou Rhodes est dorénavant plus dense, encore plus lente, plus envoûtante, plus belle.

Son troisième album solo, One Good Thing pointe le bout de son nez début 2010. C’est élégamment mélancolique. Et la mélancolie, n’est-ce pas le bonheur d’être triste ?… De son côté, Andy Barlow travaille sur des projets seuls ou avec d’anciens compères du groupe (Hoof), produit le deuxième album de Fink puis collabore avec Carrie Tree.

Je guette un live de Lou Rhodes à Paris mais rien… pas une seule date en France. Elle annonce un concert à la Flèche d’Or en avril 2010 : annulé (par Paris). Puis c’est en septembre, au XXème anniversaire de Ninja Tune qu’elle devait ouvrir une des soirées, celle des Cinématic Orchestra… jusqu’à ce qu’un « souci d’avion » ne permette pas à Jason Swinscoe, leader de TCO, de rejoindre la ville Lumière. Deuxième rendez-vous manqué avec Lady Rhodes.

Et là, il y a la nouvelle qui tombe, Lamb se reforme, c’est officiel ! Il y a un live à Koko qui sort début 2011 puis « 5 », le dernier album.

…et une tournée avec une date, le 18 février au Café de la Danse. Et comme d’habitude, tout se passe dans la plus grande discrétion.

Sauf que cette fois-ci, je suis prête. J’ai une seconde chance de leur montrer à quel point je pense qu’ils sont jusqu’à présent sous-estimés et j’ai le présentiment que je ne serais pas la seule. J’avais déjà prévenu mes amis que je les quitterai tôt dans l’après-midi pour faire le pied-de-grue devant la salle de concert (« ça fait 7 ans qu’ils n’ont pas fait d’album ensemble, un concert à Paris ? je ne sais même pas quand c’est arrivé ni même si c’est arrivé, mais c’est complet depuis plusieurs semaines : je suis sure que ceux qui vont venir auront aussi faim que moi »). La réalité a été bien au dessus de ce que j’imaginais…

Nous sommes rentrés tôt dans la salle. J’étais assise à droite de la sono dès 19h15… ça ne m’est JAMAIS arrivée dans cette salle que je n’ai vu ouvrir les portes avant 19h30 peu importe la météo (j’vous jure, y’a du vécu!). Du coup avant et après les deux premières parties qui les ont accompagnés lors de leur tournée (je vous en parlerai plus tard), j’ai discuté avec plusieurs de « mes voisins de concert ». Personne ne les avait vu auparavant en live – Andy en comptera 19 pendant le concert🙂 – Mais il y avait la même joie, la même réserve et la même impatience (vous savez, comme à un premier rencart) et pour certains, il y avait la même envie de rattraper une connerie qu’on n’a pourtant pas commise : y’avait vraiment cette envie de leur dire qu’ils étaient talentueux, qu’ils étaient aimés ici, qu’on les a attendu longtemps (quand même) et qu’on était plus qu’heureux d’être là et de le leur montrer. Toute la salle a hurlé du début jusqu’à la fin… comme des mômes. Parce que ce fut le concert que tous souhaitent vivre :

Retrouvez des titres que tu vénères littéralement (oui, j’ai été très, très émue à la fin de Gabriel)…

… De nouveaux titres qui prennent une autre dimension (Ah le doigté de Jon Thorne!), encore plus electro…

… ou d’anciens transcendés par la voix de Lou Rhodes (fini les aigus), mention spéciale à « Alien » plus sombre que l’original…

 

… C’était même du joyeux n’importe quoi par moment !

On a joué à « Jacques a dit » version Barlow tout du long (Andy a dit « restez debout pendant tout le concert », Andy a dit « levez les bras », Andy a dit « poussez un cri », Andy a dit « posez pour la photo »… )

Et plus, Lou Rhodes, Andy Barlow et Jon Thorne qui les accompagnait de sa basse magique étaient étonnés de ce qui se passait, plus la salle hurlait.

Cet article ressemble vraiment à ce concert ; je ne voulais pas que ça s’arrête ! C’est pourtant arrivé mais de la meilleure façon qui soit puisque nous étions le dernier concert de leur tournée. Et même si Andy Barlow nous a demandé de rester parce qu’il voulait tous nous remercier individuellement après le concert, je suis partie. Parce que je n’avais plus de voix (et va discuter avec qui que ce soit à un concert quand t’es aphone !). J’ai eu un mal de chien à aligner trois mots au téléphone pour savoir où rejoindre Claire et ses potes parce qu’après tout il n’était que 23h et c’était samedi soir… Même la pluie et mon extinction de voix ne pouvaient stopper la fête !

Quelques souvenirs photos du concert par Rachel Bywater et Franck Levallet

PS : Avis aux producteurs, Diffuseurs, Tourneurs : Y’a un marché pour Lamb en France ; Allez au boulot !😉

plus d’infos sur LAMB :

Comments
3 Responses to “Seconde Chance”
  1. Franck dit :

    Merci pour cette chronique qui retranscrit parfaitement l’impatience et la ferveur du public ce soir-là.
    Magique!!

Trackbacks
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  1. […] de ce concert (il est vrai que le précédent concert auquel j’étais allée était celui de Lamb). Je me suis vite pris d’affection pour ce mec parce qu’il dégage quelque chose […]



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