Tout le monde aime Gotye

GotyeSmile

« Soyez simple avec art » Nicolas Boileau

Bon, ok. C’est plutôt mal barré pour une rencontre originale…

Fin décembre, j’ai allumé ma radio et je suis tombée une énième fois, sur une petite chanson avec un gars qui chantait tout bas pendant deux couplets et qui d’un seul coup vous balance son refrain comme si on l’exorcisait de… Sting !
J’ai eu beau entendre d’autres titres tout au long de la demie-heure qui a suivi, j’avais toujours ce « Tut-Tut   Tut-Tut   Tu-Tu-Tu-Tu-Tut… Now you just somebody that I used to know » dans la tête. Et ça a duré toute la matinée.
Au fil des jours, inconsciemment, je retiens de plus en plus de mots et puis… c’est les fêtes de Noël.
Jusqu’en janvier, ma radio continue de me faire comprendre qu’elle est plutôt pas mal cette chanson. C’est qui déjà ? Gotye. Drôle de nom. Et là je commande l’album sur le net. Sans même faire ma petite recherche habituelle (C’est qui ce mec ? il a d’autres titres ? Il a fait quoi avant ?). Non rien. A l’aveugle. « Tut-Tut   Tut-Tut   Tu-Tu-Tu-Tu-Tut… »
Je l’ai reçu très vite et tout c’est alors accéléré après. Tout simplement parce que c’est tout l’album que j’avais dans la tête dans la semaine qui a suivi…« Hé Hi Yé-é   Hé Hi Yo-o   Hé Hi Yé-é   Hé Hi Yooooo »

« Making Mirrors » m’a permis de sortir de l’emprise de son (déjà ?) tube et j’ai repris mes bonnes habitudes.

Il a un site, bien !
Gotye se prononce « à la française » ? Super, je ne le prononçais pas avant (je l’écoutais, je le lisais ou je l’écrivais mais je n’en parlais pas).
Il est belge mais australien… si il veut.
Wally de Backer alias Gauthier Gotye est l’archétype même de l’artiste qui fait tout pour que je l’aime.  Il a un côté « tout.. mais pas trop ». Je m’explique.

Il est plutôt beau gosse mais juste ce qu’il faut (genre propre sur lui mais cool) et c’est très bien aussi ! ça m’évite le côté « groupie ». Et puis ça suffit pour de la pop (demandez à Mc Cartney !).

Il travaille à l’artisanale. Il a comme beaucoup tout le matos qu’il faut à la maison et travaille ses albums chez lui (avant « Making Mirrors », il y a eu « Boardface » et « Like Drawing Blood »). Mais il a également un besoin de recherche musicale : il récupère des sons extérieurs, d’endroits dédiées à cette recherche ou non, qu’il ramène dans son sanctuaire où il entrepose également des éléments qu’il a confectionné notamment avec son père. il connait ses limites et sait s’entourer lorsqu’il en a besoin d’autres musiciens ou de techniciens professionnels de talent. Sa recherche musicale s’accompagne également d’une recherche graphique. Pour les pochettes de ses albums, on reste toujours dans la famille. Quant aux clips, là c’est purement un festival pour les yeux (pour ceux qui ne sont pas dans mon cas, vous ne pouvez imaginer le bonheur que c’est de voir de vraies petites histoires sans un montage haché d’images qui vous file la nausée au bout d’une minute).

Ma préférée reste la Gondriesque, « Easy Way Out » (qui aurait demandé 9 mois de boulot)

Mais là où il marque beaucoup de points, c’est qu’il n’est plus uniquement le gars qui sample à merveille et à tour de bras tout ce qu’il trouve pour créer de belles mélodies. Il s’est créé sa propre identité musicale. En 3 albums, il a créé le son Gotye. C’est incroyable comme c’est évident si vous écoutez les trois albums à la suite. J’ai très souvent entendu des chanteurs ou musiciens qui citaient leur influences en précisant bien qu’ils ne feront jamais la même musique qu’eux. Ok, sa voix a beaucoup de similitudes avec celle de Sting mais on discerne parfaitement l’influence de Peter Gabriel (c’est quand même pas parce qu’il se peint tout le corps !), Kate Bush ou Jean Michel Jarre ! Lui ne fait que confirmer bien sagement quand on lui pose la question. Et tout a l’air de se passer pour lui dans la plus simple décontraction. Le garçon bien élevé (qui prend la fâcheuse -?- tendance à se balader tout nu dans ses clips quand même !) a des idées plein la tête, bosse comme un dingue pour les réaliser et tout conspire autour de lui pour que ça marche. Et donc, il énerve. Mais pas comme Lana Del Rey parce qu’on ne perçoit aucun « calcul » dans sa démarche. Oui, il a l’air de prendre sa soudaine célébrité mondiale avec beaucoup de recul… mais pas trop! Allez, disons qu’il se préserve.
Bien sûr dans la foulée de l’achat de l’album, j’ai pris la semaine suivante un billet pour son concert au Bataclan le 1er mars ; ça allait de soi, voyons !

J’ai beaucoup aimé le voir en live parce que j’ai vu un mec calme, qui a beaucoup discuté avec nous, assez à l’aise sur scène pour un batteur qui se retrouve devant. Mais il y a eu comme un sentiment de « il manque un truc ». Je pense que je me suis tellement habituée à ce qu’il nous rende copie parfaite que ça m’a destabilisé.

J’ai eu très peur au début car la première chanson « Eyes Wide Open » s’est jouée presque dans le noir complet ! Puis d’autres titres se sont enchainés avec les visuels live de ses vidéos (comprendre : tous les passages où il n’apparait pas personnellement) comme quasi seuls éclairages scéniques… ce qui peut convenir quand tu es placé face à la scène mais pas sur les côtés (et devinez où j’étais ?). Certains titres perdent de leur puissance émotionnelle en live parce que justement elles sont chantées très doucement, trop pour le Bataclan. Et le plus étonnant, c’est que le concert n’a duré qu’1h20 – rappel compris. C’est peut être la seule et unique faiblesse que je lui trouve.

Mais il y a eu de très beaux moments, notamment « State of the art »

Le magnifique « Hearts a mess »

et « Save me » (avec des garçons qui chantent ENFIN pendant les concerts !)

Avant cela, Gotye a eu le courage (le culot ? l’inconscience ?) de tenter l’expérience. Nous arrivons à LA chanson et il nous explique que Kimbra n’est pas présente pour chanter avec lui ce soir et qu’il a donc besoin que les filles dans l’assistance chantent à sa place.
Du coup, je range mon appareil photo et me prépare à jouer la rupture avec Wally parce que je me dis que ça ne fait que 2 mois environ que cette chanson cartonne ici et que peut être nous ne sommes pas beaucoup à connaitre les paroles (sauf a priori celles qui ont la même station de radio que moi !). Quelle prétentieuse ! J’en profite donc maintenant pour présenter mes plus plates excuses aux filles présentes ce soir-là et je suis trop fières que les parisiennes aient assurées à ce point (Yes !).

Je reste quand même assez heureuse de ce concert (il est vrai que le précédent concert auquel j’étais allée était celui de Lamb). Je me suis vite prise d’affection pour ce mec parce qu’il dégage quelque chose d’irrémédiablement positif même lorsqu’il chante une déception sentimentale, une rupture voir la mort. Il y a comme une plénitude qui émane de lui. Je ne doute pas que Gotye gère avec beaucoup de sang froid sa renommée grandissante et nous concocte un live à la mesure de son talent musical. Tant qu’il est en recherche, aucune inquiétude à avoir. D’ici là, je continue à chanter et j’attends son retour… « Tut-Tut   Tut-Tut   Tu-Tu-Tu-Tu-Tut… »

plus d’infos sur Gotye :
http://www.gotye.com
http://www.facebook.com/gotye
http://www.soundcloud.com/gotye
http://www.twitter.com/gotye
http://www.youtube.com/gotyemusic
http://www.myspace.com/gotye

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